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Activité personnelle de Bernard Offenstein Grimaldi, artistique et littéraire, poésie, photos, dessins.

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FÂme

FÂme

FÂme

FÂme



FÂme A l’ôrée du jeune établissement de mon monde
fait de promesses d’un temps de l’Eden pour l’enfance des grands,
la rivière coule comme une route entre berges égales sinueuses,
canalisée telle la tranchée qui m’interpelle,
pas une vraie rivière comme les autres,
une eau qui file trop régulièrement vite et verdâtre et trouble
une sauvagerie dans la forêt comme une erreur écologique
d’un flux domestique, un mystère qui m’attire
avec mes cannes à pêche, elles excusent ma présence à cet endroit
une sorte de laisser-passer dans un territoire pour gestionnaires
mais de quoi, secret dessous l’eau sans poissons et pourtant ?

                                                      ~~~

Pourtant j’y vais et avec certitude je créé ma présence
aussi lourde que s’il m’était donné de l’enfermer pour labo,
de la mettre en cage rien que pour moi sans témoins.
Quand j’y suis, sur le chemin forestier qui y conduit
comme si j’atterrissais dans mon jardin des confessions
je tremble quelques mètres avant le flot, impatient et concentré
avancer à pas de loup tout l’attirail préparé, plonger l’hameçon
quelques mètres de plus …
je respire consciemment, je ferme mes sens sur le dessous
de cette rivière si prétentieusement fermée sur elle
et pourtant je me suis juré d’y trouver cette chose cachée que je sens …

                                                      ~~~

Las de tant d’essais infructueux, je ne peux me résoudre à oublier
cette drôle de grâce pour rien,
voici que je traîne avec moi en mémoire semble-t-il un monstre des fonds
dans une si douce ambiance au calme et donne tant de rêves à tenir
attachés à ma chère solitude comme une compagne mi-obscure
bizarre présence, mais de quoi donc j’ai besoin ?
Rien qui se dévoile, rien qui vient troubler la surface
d’un courant si régulier qu’il semblerait virtuel
d’un tapis roulant lisse et s’en allant ailleurs vers quel pays éthéré ?

                                                      ~~~

Il parait qu’un jour un soldat est parti vers d’autres contrées que la sienne et s’est perdu dans un désert fait de bandits et de chiens et qu’il est devenu
l’étoile pour des errants et des sans abris, des fantômes et des spectres
Alors un grand nuage persistant s’est posé sur le pays qui puisse assombrir
les lueurs de peines et de poids et de chaînes et de malheurs insistants
Il s’est trouvé un bonheur de roi, comme un diamant sur le doigt fripé
d’un vieux  baroudeur qui veut rester sur son enclos car il l’aime
d’un retour de moins de charge, de moins de troubles et de lendemains gros
parce que son être a refusé plus, alors il Zombre et il creuse.

                                                      ~~~

Alors … je ne sais pas pourquoi sur le lieu de ma résidence,
de ces soldats semblables attendent mais aussi ils circulent
lentement dans des rues toutes pareilles autour de petits îlots
comme si le butin au bout était celui d’autrefois,
dans les allées du magasin, une pacotille plus enviable
que celle que le chef a désigné  et copié sur le priseur précédent
prenez prenez dit le suivant car j’ai mieux prisé que toi,
et puis s’en va pareil qu’avant vers une autre prise …
c’est le destin qui rôde, la destinée qui rit de passer à coté

                                                      ~~~

Mais je m’égare, le vieux n’a plus l’allant, n’a plus l’envie, pas j’attire
désolé pour toi qui suit  l’histoire, il te fallait la faire
ainsi tu eus pu garder ton magasin encore longtemps
il t’aurait remercié par l’information de mieux « je joue lui »
tu l’aurais conquis il aurait comploté avec toi contre la momie.
Je suis étonné de me trouver là.
Maintenant que je serpente au travers de la file qui me croise
il est si triste de venir, et de chercher, et de trouver,
et de payer, et de s’en aller de façon uniforme pareil qu’avant.

                                                      ~~~

Pourtant je souris de ce spectacle, et sur le parking,
la voiture engloutit tout ce qui est venu ; me font plaisir
tous ces caddies qui  rient aussi de leurs grinces de roues bloquées
L’ambiance est à la fête aux petits paquets colorés  qui dansent
de chariots en chariots et de chariots en autos.
Voilà pourquoi ma rigole d’autrefois me revient en mémoire,
avec son tapis qui roule, de liquide aussi,
il y avait raison au spectacle mystérieux de l’attente vers quoi ?
C’était comme un panier creux sans fond qu’il fallait un jour remplir
des facéties des caddies sur macadam qui m’apportent leurs cadeaux
Ils viennent dans la danse apporter leurs petites joies
parce qu’il fallait attendre que je puisse les offrir
dans la moelle  de mon âme semblable
sa moelle à elle voulait la mienne 
car sans doute elle veut aussi creuser l’abîme des jeux
avant que puisse ma sirène sortie des flots
me donner une bise au fond, et nous emmener ……

                                                      ~~~

b.offenstein

 

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